Conducteur de travaux paysagers :

un métier qui se conjuge au féminin « Conductrice »

Yousra LAMINI, 25 ans est Ingénieure paysagiste au sein d’une entreprise depuis presque deux ans.

 

Etant FEMME, comment s’est passé l’intégration dans l’entreprise ?

A travers divers stages effectués au cours de la 5ième année d’études supérieures, je me suis retrouvée plutôt sur le terrain.

En entrant dans la vie active, j’ai travaillé avec une entreprise d’aménagements extérieurs,qui m’a offert un poste de responsable des sites d’entretien VIP et Conductrice de travaux paysagers.

S’intégrer dans une entreprise aussi bien structurée n’était pas une chose simple à réaliser.

Un poste qui nécessite une double casquette: Avec Le Client qui est Roi/ Avec les ouvriers sur terrain .

 

Les femmes ont-elles leur place dans ce métier ?

Il est vrai qu’au début, voir une femme arriver sur chantier en a surpris plus d’un.

Beaucoup m’ont testé mais je leur ai prouvé que, sur un chantier, j’étais l’égale d’un homme. Une fois que j’ai fait mes preuves, j’ai eu le soutien des anciens et le respect de tous.

 

Quels sont les atouts et les difficultés d’être une femme dans ce métier ?

Ce métier a de très bons côtés mais aussi des côtés un peu plus durs.

Au démarrage, j’ai dû m’accrocher. Dans mes débuts, certains ouvriers ne souhaitaient pas travailler pour une femme et restaient donc assis toute la journée. On m’a également appelé « la fille » pendant quelques mois .Ceci était difficile au départ, je perdais mes moyens.

Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas car mon expérience me permet d’avoir de l’assurance.

J’ai préservé et aujourd’hui une chose est sûre : - Et les ouvriers de mes sites! Cela apaise l’atmosphère : il n’y a pas ce rapport de force qui peut exister entre hommes.

En effet,c’est une facilité d’être une femme. Le plus, c’est le relationnel, la négocation et le respect. Nous les femmes, nous abordons les choses d’une manière différente ;on a plus de retenue, et une notion de respect qui s’impose.

En outre, en tant que femme, j’avoue que les clients, les maitres d’œuvre et les maitres d’ouvrage sont plus délicats face à moi et j’arrive à calmer les tensions lors des réunions de chantier. Je ne fais pas le métier de la même façon que d’autres, je perçois et je gère les choses différemment, avec notre sensibilité féminine.

Sur les chantiers, aujourd’hui les ouvriers sont devenus respectueux de plus en plus, ils reconnaissent que l’on fait notre job; et je suis à l’aise dans cet univers masculin.

Il m’est arrivé qu’on m’envoie sur un chantier où ça se passait mal pour reprendre la négociation. Les difficultés du métier ne sont pas forcément liées au fait d’être une femme, le fait d’être jeune, c’est aussi difficile. Il faut toujours s’imposer quand on est jeune, on ne sait pas tout, on apprend. Une seule difficulté de ce métier, qui peut se poser pour une femme est peut-être de finir tard et de commencer tôt.

 

Qu’est-ce que j’ai aimé particulièrement dans ce métier ?

Le contact humain, avec les professionnels, les particuliers, les fournisseurs…, les périodes de réception avec les acquéreurs, avec les ouvriers, etc.

 

Quel message je peux adresser aux femmes ?

C’est un métier passionnant, j’ai appris plein de choses, c’est étendu comme métier, le relationnel s’enrichit. Ce métier ouvre beaucoup de portes : l’éclairage, le mobilier urbain, le génie civil, etc.

Toutefois, je conseille toute jeune femme face à ce domaine d’avoir un certain caractère, d’apprécier l’esprit d’équipe et le travail en compagnie d’hommes, afin qu’elle puisse s’épanouir dans ce domaine.

A travers cette modeste expérience , je suis arrivée à des conclusions décisionnelles :Le métier de chef de chantier ou ingénieur de terrain reste néanmoins réservé aux femmes de caractère, celles qui n’ont pas peur d’imposer leur choix face à une équipe de cinq hommes. Être une personne effacée semble totalement incompatible avec l’exercice de ce métier. D’autant plus que, pour se faire accepter des hommes, la femme chef de chantier doit savoir trouver le juste milieu : se faire accepter tout en imposant son autorité. Pour parvenir à cet objectif, la femme de chantier sait qu’elle n’a pas le choix : elle doit être compétente dans son travail, elle doit savoir utiliser un sécateur, une binette et une sape… ; instaurer des plannings, et savoir gérer la logistique des projets. Elle doit être forte et savoir affronter des conditions de travail difficiles sans se plaindre. Se faire accepter grâce à des compétences professionnelles irréprochables semble être le choix de toutes ces femmes qui ont décidé de se lancer dans un monde d’hommes.

« Chef de projet et conductrice des travaux du paysage , c’est un métier artistique ,sportif et relationnel. Son rôle est de répondre à la commande du client et de coordonner le travail des jardiniers et ouvriers .Il est vrai qu’être une femme dans cette profession d’ingénieurie simplifie les choses et calme les esprits. »